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Le cas du pervers narcissique

1 septembre 2021

Le cas du pervers narcissique

Ne pensez pas que ce blog tourne à la thérapie, mais 1- pour comprendre la moi du présent, il faut un peu connaître la moi du passé. 2- je veux parler de tout dans ce blog, sans aucun tabou. 3- Et surtout AIDER. Car c’est une situation tellement particulière, où on se sent vite seule et incomprise.

J’ai été en couple avec un pervers narcissique, pendant 6 ans. C’est long. Mais ça n’a pas été malsain dès le début non. Tout s’est installé progressivement, voilà pourquoi on ne s’en rend pas compte.

Pendant la première année, il y a eu la romance, la passion, l’amour. Bien qu’avec le recul certains détails auraient dû m’alerter, ma raison me disait de fuir, mon cœur le contraire. Bref. Les douze premiers mois, je me sentais aimé. Je le sentais prêt à tout pour moi, il avait des allures de sauveur. Et puis tout à changé. Je ne saurais pas dire quand.

Mais ça a commencé par mon entourage. Il dénigrait mes ami(e)s, ma famille. Pas tous, sûrement ceux qui sentaient le truc pas net. Il me persuadait qu’ils avaient une mauvaise influence sur moi. Quand je les voyais, Il faisait des crises systématiques, toutes les excuses étaient bonnes: je ne répondais pas à tous ses nombreux messages, par ce que je rentrais tard à son goût, par ce que je buvais un peu, par ce que je passais au final du bon temps sans lui. J’avais 20 ans. Alors pour éviter tout ça, je me suis éloignée d’eux. Un par un.

Lui avec ses études il faisait forcément des nouvelles rencontres. Il aimait énormément plaire. Il aimait me rendre jalouse, et c’est comme ça que s’est installé son jeux malsain. Ma jalousie gonflait son égo. Il a commencé à comprendre qu’il avait un certain pouvoir, il m’a torturé psychologiquement. Il restait des heures à discuter sur les réseaux sociaux (téléphone ou pc) de longues, très longues discussions pendant que moi j’étais là à côté de lui.

J’avais beau lui poser des questions sur sa journée, lancer des sujets de discussion, les réponses étaient toujours fermées, verrouillées. Alors je me tais, je me sens nulle & inintéressante. Et chaque soir, c’est la même chose, ce sentiment d’être une sombre merde s’intensifie toujours un peu plus. Alors, je commence à me dire qu’il mérite mieux que moi et qu’il veut forcément aller voir ailleurs. Cette pensée m’a hantée pendant 5 ans. Je commence donc à fouiller son téléphone et lire les sms et les conversations sur les réseaux. Je lis tout, les conversations avec ses amis par ce qu’il se confie raconte des trucs banals, il fait des blagues, il est drôle. Ça renforce mon sentiment d’infériorité, mais pourquoi il ne me raconte pas ça, pourquoi il ne rigole pas avec moi…. Et je lis les conversations avec les autres fille, il n’y a rien de claire, l’ambiguïté règne. Ça me rend dingue, car de fait il n’y a rien, pas de messages évocateurs, mais…. Ce n’est pas normal. Un couple ce n’est pas ça.

Je fais semblant. Je ressasse. je dors très mal la nuit, car j’attends qu’il s’endorme pour prendre son téléphone et lire. Jusqu’au moment où quelques jours, quelques semaines plus tard une dispute éclate et j’explose. Je balance tout ce que je sais. Et là tout s’inverse, je suis la folle, la fouine qui ne fais pas confiance. Un jeux s’installe il change les mots de passe, je les retrouve à chaque fois. A chaque dispute, il me fait mal moralement, il me rabaisse. Et il sait exactement quoi dire. Et il y va de plus en plus fort. Il coupe la parole, n’écoute pas, déforme les propos, rigole au nez: « T’es qu’une gamine » « t’es vraiment folle ma pauvre » « t’es ridicule » « tu devrais avoir honte » « tu fais pitié » « tu dis n’importe quoi » « arrête de pleurer » « grandit un peu »

Impulsive, j’essaye de partir à plusieurs reprises. Parfois je disais que je partais sans en avoir réellement l’intention juste pour voir s’il tenait réellement à moi. Et il me retient à coup de je t’aime. Et en même temps je ne pouvais pas partir, il le savait. Je n’avais nulle part où aller. Il y a une fois, ou j’ai eu le courage de prendre toutes mes affaires, et de partir. J’avais décidé finalement de retourner chez ma mère, car c’était le moins pire. Quelques semaines plus tôt j’avais revue mon premier amour celui que j’avais quitté et blessé profondément pour lui. Ça faisait tellement de bien. On se parlait toute la journée, le soir il venait me chercher après le travail pour passer quelques minutes avec moi. On parlait du passé et un peu d’avenir. Ce qui laisser entrevoir la possibilité de reprendre notre histoire là où elle s’était subitement terminée. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu.

Une fois installé chez ma mère, son emprise était toujours là, ça ne part pas comme ça. il m’assaillait de messages « c’est vide sans toi » « tu me manques » nos amis communs venaient me parler pour me dire à quel point il était malheureux. « Viens me voir » « il faut que je te parle ». Le jeu du chat et de la souris Suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis. Je jubilais. Enfin, il faisait attention à moi, enfin il me voulait MOI. Voilà moi et mes décisions à la con. Tout aurait pu s’arrêter là, au bout de 3 ans, si j’avais réussi à tenir.

Les mois passent. Une relation quasi normale en apparence. Du moins je ne soupçonne rien. Il m’annonce qu’il quitte la ville pour lancer son affaire dans la région d’à côté, et qu’il s’installera dans quelques mois à Toulon qui se trouve à 1h30. Rien d’impossible. Ça me fait peur. Moi je ne veux pas quitter ma ville pour le moment. Comment je vais faire sans lui ?! Je ne veux pas qu’on se quitte & lui non plus, on se retrouvera le week-end en attendant de le rejoindre quand sa boite et ses revenus seront stables.

Alors je me trouve un appartement. Et de 2013 à 2015 je mène une vie bizarre. La semaine je suis moi, réellement. Je travaille, m’occupe de mon blog de l’époque qui commence à décoller, le soir je sors avec mes amis. Je rentre tard, parfois je ne me couche même pas. Ça me plaît, je bois, je danse, je rigole, je pense a personne d’autre qu’a moi. Une bouffée d’air frais. Et le week-end je le rejoins, c’est quasi toujours moi qui fait le déplacement. Ça fonctionne à peu prêt, c’est normal on est ensemble que très peu de temps. Sauf que petit à petit le week-end l’ambiance se dégrade et on repart sur le schéma précédent. Je ne sais pas ce qu’il fait de ses semaines. Je redécouvre des messages. ENCORE. Je pars très souvent le cœur lourd et meurtri. Mais ce me que blesse le plus c’est les conversations me concernant, directement. J’entrevois la méchanceté. Il est fière de me mentir :« tu lui avoueras quand ? » « sur mon lit de mort mouhahaaa ». J’enregistre toutes les conversations, pour les lire encore et encore, je veux me faire mal, je veux avoir cet électrochoc et tout arrêter. Et si je prenais encore une fois la mauvaise décision ?! Je ne l’ai jamais trouvé. Mais je ne l’aurais pas. Je veux y croire tout donner, aller jusqu’au bout pour ne pas avoir de regrets.

Je crois à ce qu’il me dit, au futur, aux projets. Je démissionne de mon travail, pour le rejoindre à Toulon. Mon installation vire au cauchemar, je ne trouve pas de travaille de suite. Je reste donc à la maison, je déprime car quand il rentre il faut que le repas soit préparé, le ménage fait. Je n’ai que ça a faire de mes journées. Il me dit que je ne me bouge pas, que je me laisse vivre, il veux que je lui montre mes candidatures, pour lui prouver que je cherche un travail. Il est dans le contrôle. J’ai des problèmes financiers à ce moment, il veut voir mes comptes. Ayant des contacts dans mon établissement bancaire il a accès à mes informations quand il le veut. Je ne suis pas d’accord, je lui en veux et en même temps il m’aide à trouver des solutions, pour me sortir du pétrin. Je lui fais confiance. Heureusement pendant plusieurs mois, je dois aider sa sœur à préparer son mariage. Elle est comme ma sœur, ça m’aide beaucoup c’est ma bouffée d’air frais. Mon téléphone est cassé depuis des mois. Je me décide à acheter un nouveau téléphone. Sans lui en parler. La journée quand il n’est pas la j’utilise mon nouveau téléphone, et le soir quand il rentre je change. Et puis un jour, quand j suis pas là, il découvre ce téléphone. Une énième dispute éclate et il mets fin à notre relation. C’est un dimanche soir, il doit être 22h. On est en voiture. On rentre dans notre appartement, je dors sur le canapé. Le matin il part travailler et moi aussi. Pendant la journée il passe à l’appartement prendre quelques affaires. Quand je rentre le soir, c’est vide. J’ai le cœur brisé, j’ai l’impression d’avoir tout perdu. Et en même temps je ressens un soulagement, ce poids énorme qui compressait invisiblement ma poitrine est parti. Mais tout ne n’est pas terminé. je mets fin à mon CDD et je reste des jours entiers dans l’appartement. LA DEPRIME. Pendant plus d’une semaine je n’ai pas de nouvelles de lui. Et comme je l’explique ici, je décide de partir de cette ville. J’ai besoin de nouveautés, une envie d’ailleurs. Je ne veux pas le recroiser et encore moins avec quelqu’un d’autre, ca me détruirait. Je prends donc mes billets pour la Bretagne. Je lui dis que je pars le 13 décembre, et qu’il pourra donc récupérer l’appartement. Il propose de se voir avant mon départ. J’accepte. On se fait donc un dernier restaurant le 12 décembre. On discute, on fait le point, je lui explique pourquoi je veux partir. Il admet certaines « maladresses » de sa part. Il sous entends que la fin n’est pas définitive, qu’il est possible que plus tard on reprenne notre histoire. Après avoir réglé l’addition, il me raccompagne et demande à monter. Notre dernier contact charnel. Et il part.

Le dimanche 13 décembre, je m’envole donc pour Brest. Et j’apprendrai quelques jours plus tard, que le jour de mon départ il avait rendez-vous avec une autre fille, connue sur un site de rencontres. Bien entendu, pendant des semaines, il m’écrira plusieurs fois par jours, tous les jours par message, pour savoir ce que je fais de mes journées, si je ne déprime pas trop. Il entretien toujours ce lien alors que nous sommes séparés et que lui est en fait en couple. PAS PERDU DE TEMPS. Il m’enverra même un colis pour Noël, avec des cadeaux. Et puis du jour au lendemain, plus de messages, plus rien. Je comprends. J’ai enfin le déclic et coupe tous contacts, je le bloque sur tout les supports. La haine à remplacé « l’amour ». Je ressens au fonds de moi une rage et une force longtemps enfuis.


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